Au crépuscule de la première guerre mondiale, fut créée la SDN, Sociétés Des Nations. Cette organisation internationale issue du traité de Versailles de 1919, élaboré au cours de la conférence de paix de Paris 1919 avait pour but de tirer les conséquences du conflit armé de 1914-1918. Le principal but de la SDN fut de conserver la paix en Europe par la prévention, la négociation et le désarmement. Malgré quelques succès, la SDN fut un échec. En effet, dès 1933, le japon et en 1937, l’Italie sortirent de l’organisation. Ces Etats se joignirent à l’Allemagne nazie pour former l’Axe. L’esprit machiavélique de l’allemand Adolphe Hitler et ses ambitions expansionnistes puis hégémoniques entrainèrent l’axe dans un ensemble de conflits régionaux dont l’aboutissement final fut la seconde guerre mondiale de 1935. Cette dernière prit fin, le 02 Mai 1945 en Europe par la capitulation du IIIe Reich et dans le monde, le 02 Septembre 1945, par la capitulation sans condition du Japon. En effet, l’axe fut battu par les alliés constitués par les Etats Unis, la Russie et la Grande Bretagne, les trois grands qu’on nommait encore au cours du conflit 1939-1945, les nations unies que la Chine avait rejoint. Cette appellation des nations unies servit à réformer la SDN en 1945 qui devint l’ONU, Organisation des Nations Unies.
L’ONU fut donc fondée en 1945, à l’issue de la seconde guerre mondiale en remplacement de la SDN par 51 pays déterminés à maintenir la paix et la sécurité internationale puis assurer les relations amicales et la cohésion entre les peuples. Dans la lignée de la SDN, l’ONU est donc un organe international qui se doit donc de représenter et d’être représenté par toutes les nations. Aujourd’hui, l’organisation compte 192 Etats sur les 195 qu’elle reconnait. Son action s’étend sur toute la terre et couvre en conséquence les cinq continents. Pour mieux répondre aux besoins des nations, l’ONU se décompose en six principaux organes dont l’Assemblée générale, le conseil de sécurité, le conseil économique et social, le conseil de tutelle, la cour internationale de justice et le secrétariat général. Si le siège de l’ONU se situe à New York, certains de ces organes ou institutions spécialisées sont implantées un peu partout dans le monde, preuve de son envergure internationale. Toutefois, l’ONU ne constitue pas un gouvernement dont l’autorité supplanterait les entités nationales. En conséquence, elle ne légifère pas. Néanmoins, elle émet des résolutions qui portent un grand impact en droit international. D’autre part, si les principaux organes de l’ONU n’adressent que des recommandations aux gouvernements, il en reste un organe, le conseil de sécurité dont les décisions s’imposent aux Etats ; en effet, aux termes de la charte des nations unies, les membres de l’ONU acceptent et appliquent les décisions du Conseil. Or, ce dernier pêche dans sa constitution car ne reflétant plus les nations, à telle enseigne que l’ONU semble passer de l’organisation des nations unies à une organisation des puissances unies ou tout au moins à une affirmation des puissances unies.
En réalité, plusieurs obstacles empêchent le bon fonctionnement de l’Organisation dont principalement le principe de « l’unanimité des grandes puissances » plus communément connu sous le terme du droit de véto. En effet, le Conseil de sécurité est composé de quinze membres dont cinq permanents et, dix, non permanents élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans ; le droit de véto est détenu par les premiers, c'est-à-dire les membres permanents : il s’agit d’un vote négatif qui a comme finalité de bloquer toute décision ou toute résolution. Ce système tient son origine de la conférence de Dumbarton Oaks en 1944 portant les bases de la création de l’ONU. L’idée fut de protéger les intérêts des membres vainqueurs de la seconde guerre mondiale à savoir les Etats Unis, l’Union soviétique, le Royaume Unis, la Chine et un outsider dont les efforts ont été reconnu, la France. Si ce système pouvait être justifié au lendemain du second conflit mondial, il semble que ses fondements soient aujourd’hui dépassés. Le droit de véto constitue un frein pour la mondialisation et, reste aujourd’hui un principe anti-démocratique qui paralyse le fonctionnement de l’ONU. En conséquence, il est besoin de réformer en profondeur l’organisation pour qu’elle reflète mieux le monde ou encore une unité des nations pour la paix et la sécurité, pour la cohésion et le respect des droits fondamentaux.
Cette nécessité de réforme fut déjà émise par l’ancien secrétaire des Nations Unies, M. Koffi Annan à laquelle fit écho plusieurs dirigeants politiques suite à un long rapport « Investir dans l’organisation des Nations Unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale ». Relevée aux calendes grecques ou en sommeil, l’ONU, presque moribonde crie alerte tant elle peine à relever les défis contemporains. Toutefois, il n’en demeure pas moins que les super puissances restent conscientes que l’idée d’un monde meilleur ne peut faire fi d’une composition de tous les peuples, de tous les pays. En effet, calculateur, politicien averti , hostile à une réforme de l’ONU ou partisan de bonne foi,-Dieu le sait, nous l’ignorons- M. Sarkozy proposait dernièrement de fusionner le G8 (les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, le Japon, l’Italie et la Russie) + G5 ( la Chine, l’Inde, le brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud)+1 (l’Egypte) en G14 à l’horizon de 2011 afin de prendre en compte l’intérêt de toutes les nations. Quelque fut l’esprit de M. Sarkozy, seule compte l’idée que nous approuvons en raison de l’impact positif qu’une telle réunion pourrait avoir sur le monde futur. Il serait tout aussi judicieux de porter une telle idée à l’ordre de l’ONU et plus précisément au sein de son plus important organe que représente le conseil de sécurité en raison de l’incidence de ces décisions dans l’ordre international. Tel est notre regard sur l’ONU qu’il est loisible à quiconque d’approuver ou de critiquer, tout point de vue étant bienvenu et constructif pour l’amélioration d’une telle organisation.